Changement de nom de domaine

J’essaie de libérer le nom de domaine afr.pm car je n’habite pas à Saint-Pierre-et-Miquelon, et je suis donc probablement beaucoup moins légitime pour utiliser ce nom de domaine qu’un·e habitant·e ou une institution (musée, restaurant…) de cette collectivité d’outre-mer.

J’ai hésité entre afr.social et un autre nom de domaine, notamment car le TLD .social est fréquemment utilisé par des médias sociaux « éthiques » clonant un modèle d’optimisation de l’engagement et de croissance économique infinie. Or certains aspects sont assainis (par exemple, Mastodon hybride les publications entre microblog et communautarisme, au sens de sentiments et de pratiques d’appartenance à une communauté, ce qui pallie largement les problèmes posés par les sphères sur Twitter) et certains ne le sont pas (par exemple les notifications pour les likes/partages implémentent des mécanismes d’optimisation de l’engagement et maintiennent des formes de jouissance de violence performative, quoique sous une forme largement atténuée).

Mais c’est justement pour cette raison que je veux souligner l’intelligence et la vitalité sous-jacentes au terme « social ». Les médias sociaux basés sur une croissance économique infinie optimisent infiniment pour le bruit (les publicités), au détriment du signal (des interactions sociales significatives). C’est pour nous faire consacrer plus de temps de cerveau disponible aux publicités que nous sommes incité·es à raccourcir nos publications Facebook et nos commentaires et que nos tweets sont limités à 280 caractères, comme les séries américaines sur TF1 sont amputées de scènes pour afficher plus de publicités. De même que la très libre adaptation par M6 du roman « Ils étaient 10 » d’Agatha Christie supprime le plot et donc l’intérêt du roman, et « scotche » l’utilisateur·ice à son écran avec son voyeurisme sur la mort, sur la cruauté des relations amoureuses – toujours ! – en accentuant jusqu’à une sorte de pornographie de la cruauté, de la folie, ou/et du handicap l’aspect irréductiblement irrationnel de ce sentiment, les QRT (retweets avec commentaires) poussent les utilisateur·ices de Twitter à auto-produire des contenus accrocheurs, finalement à racoler pour le compte de cette entreprise pour recevoir des likes ou des retweets.

Dans cette conception, les significations des mots « social » et « signal » sont entremêlées, et c’est ce signal que je tenterai d’optimiser sur ce blog. En écrivant peu et donc en vous prenant peu de temps (cet article fait 441 mots, soit un peu moins de 3 minutes de lecture). En supprimant l’envoi d’emails au profit des flux RSS. Et surtout, étant moi-même un ancien utilisateur de Twitter, en me réconciliant avec la lecture, un support qui m’a angoissé pendant de longues années. J’espère pouvoir transmettre ça à mes lecteur·ices.

Article 4/100 du défi #100DaysToOffload

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